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19/09/2008

Tout le monde en parle !

Un article vraiment chouette signé Orlane Renou dans Montreuil dépêche hebdo ; )

article zone de gratuité Montreuil.jpg
Dimanche c’est gratuit !

Après Paris, Grenoble, Strasbourg, Saint-Etienne, c’est au tour de Montreuil, et plus précisément de la rue de Villiers, de devenir, le temps d’un après-midi, zone de gratuité… non pas du stationnement, mais d’objets mis à disposition par des visiteurs pour d’autres visiteurs. Autopsie d’une initiative citoyenne inédite prenant à rebours la société de consommation, ses codes, les addictions et comportements qu’elle suscite.

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. » En imaginant un événement dont le slogan est « Ni fric, ni troc », Julie, Vito et Anne se sont appropriés la célèbre phrase de Mark Twain. Car de la folie, de l’insouciance et de l’audace il en faut, un peu du moins, pour mettre en place une zone de gratuité, manifestation qualifiée par ses instigateurs d’ « utopie concrète », reposant sur l’échange désintéressé.
Vito explique :  « Le 21 septembre, nous installerons des tables le long de la rue de Villiers. Ce mobilier matérialisera la zone de gratuité : chaque objet posé sur une table par un  visiteur, pourra être pris par un autre. Il s’agit de donner ce dont on a plus besoin et de prendre ce dont on a envie. Personne ne sera là pour compter ce qui est amené ou pris. Aucune inscription n’est requise. L’événement repose sur la spontanéité de ses participants. »
Vous l’aurez compris : le leitmotiv de la Zone de gratuité tient en trois syllabes : li-ber-té. Liberté d’apporter ce que l’on veut. Liberté de ne rien apporter. Liberté de se servir à sa guise. Liberté de ne pas se servir. « Il n’y a aucune obligation d’amener quelque chose. Nous ne demandons rien aux visiteurs, si ce n’est qu’ils apportent leur bonne humeur, leur sourire et l’envie de se rencontrer. La zone de gratuité repose sur le don, le partage et la convivialité », justifie Anne.
Révolution silencieuse
Avis aux ethnologues amateurs : l’étude du comportement des participants face à ces tables sur lesquelles tout est disponible constituera un véritable sujet d’expérimentation sociale. Car si l’idée, séduisante, suscite d’emblée la sympathie, elle déconcerte tout autant. La gratuité semble en effet suspecte dans une société où le caddie est un totem, le consumérisme une valeur et la philosophie principale se résume à « J’achète donc je suis ». Au réflexe « acheter-jeter », générateur de surproduction et de gaspillage, Julie, Anne et Vito opposent les joies du « donner-récupérer » et confèrent par-là même à cette manifestation un petit goût de révolution silencieuse qui remet en cause les mécanismes de fonctionnement de la société de consommation. « Il faut remplacer l’avoir par l’être. Nous vivons une époque dans laquelle l’obsession gouvernementale est le pouvoir d’achat. Le meilleur contre-pied que pourrait prendre la gauche face à cette obsession de la consommation à tout prix, c’est de sortir de cette question  pour proposer une meilleure qualité de vie basée sur le vivre ensemble, le lien social et la solidarité. Le bonheur repose souvent sur des petites choses, assister à un concert dans la rue, flâner dans un vide-greniers… Notre volonté n’est pas de changer le monde, juste d’y mettre une touche de rose ! », conclut Vito.

Orlane Renou


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